đ C'est Vendredi ! Et pour terminer la semaine voilĂ une BD qui te fera naviguer en eaux troubles pour le weekend : 1629 âŠou lâeffrayante histoire des naufragĂ©s du Jakarta De Xavier Dorison et ThimothĂ©e Montaigne chez GlĂ©nat Woaw ! 2022 nous en a donnĂ© des histoires en mer assez incroyables, mais clairement 1629 fait partie des meilleurs ! 1629, donc. La Compagnie Hollandaise des Indes Orientales, puissance Ă©conomique incroyable, rĂšgne en maĂźtre incontestĂ© et inĂ©galĂ© sur le commerce international. Seulement voilĂ , pour rester toujours plus compĂ©titif, il faut rogner sur les prix, mĂȘme si pour cela câest lâĂ©quipage qui trinque. Dorison, excellent scĂ©nariste quâon ne prĂ©sente plus, va sâintĂ©resser de prĂšs Ă la mĂ©canique qui fait passer lâhomme, de crĂ©ature Ă©voluĂ©e, rĂ©flĂ©chie, organisĂ©e, voir mĂȘme raisonnable, Ă lâĂ©tat de bourreau sanguinaire. Dâailleurs sa prĂ©face pose directement lâambiance : ça va ĂȘtre moche. Te voilĂ donc parti pour un huis-clos en pleine mer sur une coquille de noix, qui paraissait pourtant un fier vaisseau, mais qui rapidement aura du mal Ă contenir toute la tension interne de lâĂ©quipage et des passagers. Non, dĂ©cidĂ©ment, pas besoin de pirates ici. Les injustices, lâĂ©puisement et les esprits Ă©chauffĂ©s suffisent plus quâassez Ă mettre le feu aux poudres et Ă dĂ©clencher lâune des mutineries les plus sanglante de lâhistoire maritime, ou chacun va lutter pour sa survie. VoilĂ , ambiance donc. Mais dans un Ă©crin assez incroyable, parce que câest le sieur qui dessine et que câest beau et expressif, si le scĂ©nario est gĂ©nial, le dessin te transporte directement au milieu du pont et lâhistoire te happe complĂštement. Ăa fait longtemps que je nâavais pas Ă©tĂ© passionnĂ©e autant par une lecture. Câest quand je lis ce genre de pĂ©pite que je me rappelle que si jâaime lire, câest avant tout, pour les quelques Ćuvres qui me prennent sans prĂ©venir et me passionnent totalement. 1629 en fait partie. Donc cours le dĂ©couvrir, achĂšte-le, emprunte-le, fais-le toi offrir, mais il faut le lire. Et le fameux dĂ©bat sur le prix : Sinon, GlĂ©nat a mis le paquet en termes de fabrication : grand format, couverture de qualitĂ© avec dorures et effet « tissĂ© » et signet, tout pour mettre en valeur les 135 pages de ce premier volume du diptyque annoncĂ©. Oui, câest vraiment un bel objet. Jâen parle rarement, mais lĂ , je vais aborder le sujet a fait grincer des dents pas mal de monde : le prix. Assez consĂ©quent, on est sur 35⏠tout de mĂȘme, il a freinĂ© beaucoup dâacheteurs. Moi-mĂȘme Ă ce prix-lĂ , jâai plutĂŽt envie dâattendre une intĂ©grale. Alors si on remet au nombre de page etc, on rentre complĂštement dans le tarif des BD actuelles, une BD de 70 pages pour 17⏠câest plus ou moins, ce qui se fait. Mais pour le mĂȘme prix on peut aussi avoir un roman graphique du double de pages. Câest la fabrication qui a alourdi le budget. Et je comprends ! Ce rĂ©cit mĂ©rite un bel Ă©crin, mais n'aurait-il pas plutĂŽt fallut une sortie plus classique des 2 tomes sĂ©parĂ©s et une intĂ©grale prestigieuse ? Je me pose la questionâŠ